Le .EU accepte de nouveaux caractères

Le 10 décembre 2009, l’extension européenne .EU autorisera ses noms de domaine à contenir des caractères accentués (IDN, « International Domain Name ») issus des vingt-trois langues officielles de l’Union. Un défi technique qui vous permettra d’obtenir deux noms de domaine pour le prix d’un !

La construction européenne n’a jamais été un long fleuve tranquille. La vie de son extension .EU non plus. Quand une dizaine d’extensions nationales européennes comme le .DE allemand, le .ES espagnol ou le .SE suédois acceptent déjà quelques caractères accentués dans le contenu de leurs domaines, le challenge est réalisable (lire ma précédente chronique à ce sujet).

Projetez ce programme à la dimension communautaire et le dessein semble toute de suite plus complexe. Surtout que tous les alphabets européens ne sont pas latins. Grecs et bulgares ont des lettres peu communes, loin du « é » français ou du simple tilde sur le n espagnol. Pour mesurer l’ampleur de la tâche, jetez un coup d’œil sur ce lien : http://www.eurid.eu/fr/noms-de-domaine-eu/les-idns-pour-le-eu/caracteres-autorises

Quand six égale treize !

Challenge technique, mais aussi remue-méninges. Si je vous dis que bücher.eu contient treize caractères, me croirez-vous ? Promis, je n’ai pas abusé de substances hallucinogènes. Enfin, si. J’avoue. J’ai pris un « ACE string ». De très bonne qualité par ailleurs ! Il ouvre mon esprit…
Un simple internaute ne voit habituellement que six lettres avant l’extension dans l’adresse internet bücher.eu. L’accro au « ACE string » en comptera treize. En effet, un nom de domaine contenant un IDN sera automatiquement retranscrit en caractères ASCII dans les bases de données via le « ACE string ». Sa transcription commencera par la série de caractères xn – – (version dite punycode) . Rajoutez à cela, la traduction dans ce langage codé du ü, et cela donne xn--bcher-kva.eu, soit treize caractères. Si pour vous le compte est également bon, vous êtes prêt pour entrer en « désintox ».

Les charlatans pourraient annoncer que vous avez donc (presque !) deux noms de domaine pour le prix d’un : bücher.eu et xn--bcher-kva.eu. A vous de choisir celui sur lequel vous souhaitez communiquer.

Vu que tout le monde ne se shoote pas au « ACE string », les bureaux d’enregistrement vous proposant des .EU en caractères accentués (des préservations sont déjà possibles) doivent innover et offrir des claviers virtuels afin de faciliter vos réservations. Interface qui doit aussi faire le ménage dans les différents alphabets européens. Un bon algorythme vous interdira (comme l’a exigé le registre des .EU, l’Eurid) le dépôt d’un .EU mélangeant des lettres de langues différentes (pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du Mailclub).

Ouverture directe

Après avoir mesuré toutes ces contraintes techniques, on comprend mieux pourquoi l’Eurid, le registre des .EU, a simplifié le lancement des IDN. Pas de période d’enregistrement prioritaire (« sunrise period »), dépôt du nom de domaine IDN au même prix qu’un .EU classique, attribution sur la base du « premier arrivé, premier servi » : restons simple, les IDN sont par nature déjà assez alambiqués.

Tout ça pour quoi finalement me direz-vous. C’est vrai que le français est par nature réticent aux caractères accentués (l’Afnic ne l’autorise pas pour le .FR), et pas le plus grand fan du .EU. Cette ouverture devrait fonctionner chez les pays traditionnellement consommateurs de noms de domaine, particulièrement de .EU. Je parie volontiers sur une première place pour l’Allemagne.

Mais, la France ne pourra pas toujours voir les noms de domaine que par le petit bout de la lorgnette. Après les caractères accentués avant l’extension, c’est bientôt l’extension pays elle-même qui sera en version originale. Vous goberez bien un « ACE string » ?

Pour en savoir plus :
Enregistrez vos .EU via le clavier virtuel Mailclub
Lire nos articles sur les caractères accentués
Lire nos articles sur le .EU

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